Elina Rostan & Stéphane Simon (avec McSkyz)
Les visages du crimeMichel Lafon
29,95 € / 416 pages
LE LIVRE
Le 29 octobre, Michel Lafon publie la première anthologie des grands criminels français sur deux siècles. Les visages du crime, dictionnaire illustré des grands criminels, par Elina Rostan et Stéphane Simon. Deux journalistes, auteurs, ont fini par écrire l'ouvrage de référence qui leur manquait.
EN CINQ CHIFFRES
200 ans d'histoire : Des criminels nés entre 1773 et 2006, des affaires de 1833 à 2026
215 profils criminels : Sélectionnés sur six critères assumés
12 études chiffrées : Une enquête sociologique inédite sur le corpus
416 pages illustrées : Abécédaire de A à Z, picto-repères, "l'info en +" à chaque fiche
538 images : Photos d'époque, gravures et archives judiciaires
DIX QUESTIONS, DIX SUJETS D'INTERVIEW
Quelles sont les différences entre hommes et femmes criminelles ? 86,5 % d'hommes, 186 sur 215, contre 29 femmes. Et les femmes ne tuent ni avec les mêmes armes ni pour les mêmes raisons : le poison reste leur marque (31 % des cas féminins contre 8 % des cas masculins), l'arme à feu est trois fois plus souvent masculine (34 % contre 10 %), aucune femme du corpus n'a employé d'explosifs, et leur premier mobile est l'appât du gain (40 %, contre 33 % chez les hommes). Réserve à énoncer à l'antenne : la base féminine est de 29 personnes, les écarts se lisent en tendance, pas au dixième de point.
Quels sont les principaux mobiles des grands criminels ? L'appât du gain et la déviance sexuelle dominent l'ensemble, mais pas dans les mêmes proportions selon le sexe : l'appât du gain est le premier mobile des femmes (40 %), la déviance sexuelle un mobile quasi exclusivement masculin. Le dictionnaire range les mobiles en dix entrées et chaque fiche porte son picto : c'est ce qui permet de mettre en regard une empoisonneuse de 1925 et un tueur de 2010.
Le tueur en série est-il une invention américaine ? Le mot est américain et date de 1970, la chose est française depuis longtemps. Joseph Vacher « le tueur de bergers », Martin Dumollard, « l'assassin des bonnes », Victor Prévost « le boucher de la Chapelle » sévissaient déjà au XIXe siècle. Nous appliquons la définition stricte du FBI, trois passages à l'acte sur trois dates distinctes. La France avait les cas avant d'avoir le mot.
Y a-t-il un visage type du criminel ? Le médecin Cesare Lombroso mesurait les oreilles et les arcades sourcilières. Devant les faciès de Dumollard, de Landru ou de Francis Heaulme, on pourrait croire qu'il avait raison. Devant les visages angéliques de Roberto Succo ou d'Alexi Polevoï, tout s'effondre. Le livre montre qu'il n'existe pas de visage type du crime, le crime s'incarne dans tous les visages, page après page.
Est-ce que ces criminels ont des points communs ? Au moins deux tiers du corpus ont eu une enfance abîmée : parents défaillants (28,4 %), parents absents (26,5 %), échec scolaire (15,8 %), trouble psychiatrique (14,0 %), décès d'un parent (9,3 %), déracinement (8,8 %). Reste au plus un tiers d'enfances ordinaires, parfois gâtées. C'est la question qui dérange, et pour la première fois elle est chiffrée sur deux siècles.
Comment a évolué la criminalité depuis 200 ans ? Au XIXe siècle, jusqu'à 3 000 meurtres par an dans une France de moins de quarante millions d'habitants. Entre 900 et 1 000 victimes d'homicide par an depuis 2016 selon le ministère de l'Intérieur, et 975 en 2025, pour près de soixante-huit millions d'habitants. Deux siècles de recul disent l'inverse du sentiment d'insécurité, même si le chiffre est reparti à la hausse entre 2020 et 2023 avant de se stabiliser.
D'où viennent-ils ? Sur les 171 criminels localisables en métropole : Île-de-France 34 (19,9 %), Hauts-de-France 28 (16,4 %), Auvergne-Rhône-Alpes 24 (14,0 %), Grand Est 19 (11,1 %). Trente-quatre sont nés hors de France. La carte ne dit pas où l'on tue, elle dit où l'on naît : c'est d'abord une carte des bassins de population et des bassins industriels.
Ces grands criminels étaient-ils récidivistes ? Presque tous traînent un casier lourd. Vol ou braquage pour 37,7 % d'entre eux, viol pour 34,0 %, enlèvement et séquestration pour 29,3 %, tentative de meurtre pour 22,3 %, escroquerie pour 17,7 %, actes de torture et de barbarie pour 16,3 %.
Comment avez-vous choisi ces 215 criminels, et qui avez-vous écarté ? Six critères : les crimes de sang uniquement, la perversité criminelle, la vulnérabilité des victimes, la dangerosité sociale, la récidive, le nombre de victimes. Seuls figurent ici des criminels dont l'action judiciaire est épuisée. Et des criminels dont le visage est documenté, exigence qui a fait tomber des affaires marquantes du début du XIXe siècle dont les protagonistes n'ont jamais été photographiés ni dessinés.
Bonus pour les chroniques souriantes. Existe-t-il des signes astrologiques plus criminels que d'autres ? Bélier (13,8 %) et Capricorne (11,1 %) se détachent légèrement au-dessus des 8,3 % que donnerait une répartition homogène. On peut en rire, on peut en débattre. L'étude est dans le livre, ainsi que la répartition géographique des grands criminels.
À travers ce livre, les auteurs répondent également aux questions suivantes : Que deviennent les grands criminels une fois arrêtés ? La société est-elle plus clémente depuis l'abolition de la peine de mort ? Avec l'apparition de l'ADN, est-il plus facile de les confondre ? Comment ces criminels réagissent-ils devant l'évidence de leurs crimes ? Comment notre société s'est-elle adaptée à ses grands criminels ?
Les journalistes pourront interroger les auteurs sur la genèse du projet, la méthodologie de travail, les principales difficultés rencontrées, etc.
CE QUI N'EXISTAIT PAS AVANT CE LIVRE
Des dizaines d'ouvrages racontent un criminel français ou compilent les serial-killers américains. Aucun ne les mettait en regard. Ce dictionnaire ne raconte pas, il référence. Il ne dramatise pas, il classe. Il permet donc ce qu'aucun récit ne peut faire : comparer une empoisonneuse de la Restauration à une infirmière de la Ve République, un infanticide du XIXe siècle à un pédocriminel des années 2000.
Quatre partis pris qui donnent de la matière à l'interview :
. Le criminel d'abord, l'enquête en marge. L'usage est inverse : podcasts et documentaires mettent en scène les enquêteurs, et le criminel n'apparaît à la fin qu'en silhouette. Ici, nous étudions l'enfance, le milieu, les premières condamnations, les verbatim, les expertises psychiatriques. Pour comprendre le crime, il faut découvrir celui qui le commet.
. « L'info en + ». À chaque fiche, ce que l'affaire a changé dans la loi, la jurisprudence, les mœurs ou la politique.
. « Dans l'œil de McSkyz ». Le regard de l'un des plus gros youtubeurs true crime français, en contrepoint de vingt-quatre parcours.
. Douze études chiffrées. Géographie de naissance, sex-ratio, blessures d'enfance, crimes associés, armes et mobiles par sexe, échelle des peines depuis 1981, aveux, moyen de confondre, récidive, devenir. Elles ne donnent pas de conclusions sur l'ensemble de la criminologie française des deux derniers siècles, mais elles éclairent sur notre corpus.
LE TANDEM « ROSTAN & SIMON »
Deux auteurs, deux journalistes, deux registres, un même terrain. Leurs prestations ont déjà été remarquées lors de leurs précédents ouvrages : une quarantaine de passages en télévision, en radio, en presse et en digital pour le dernier livre sur « L'affaire Jubillar : un crime parfait ? » (Fayard, 2025). Ils peuvent intervenir ensemble ou séparément.
Elina Rostan est journaliste, spécialiste des faits divers, auteure du best-seller « L'affaire Jubillar : un crime parfait ? », chroniqueuse de la revue Affaires Criminelles. Le dossier, le détail judiciaire, la mécanique d'une enquête.
Stéphane Simon est journaliste, producteur de documentaires et de fictions, auteur du best-seller « Les derniers jours de Samuel Paty » (Plon) adapté au cinéma avec « L'abandon » sorti en mai 2026. L'investigation longue, le recul historique (il est diplômé d'une licence d'Histoire), ce que le crime dit d'une société.
Ce qui fonctionne à l'antenne : ils sont complémentaires mais ne sont pas d'accord sur tout. Le désaccord se joue devant le micro.