Collection Écrivains d'aujourd'hui
Richard Millet


Essai
Editions Léo Scheer
mercredi 14 septembre 2016

312 pages - 10 €

Le livre
LE LIVRE : Ce volume est une introduction à l'oeuvre de Richard Millet : il permet d'en dessiner les contours et de mesurer la diversité des thèmes et des formes qu'elle déploie. Pensé comme un manuel à l'usage de ceux qui souhaiteraient être guidés dans un corpus qui ne se réduit pas à des pamphlets, l'ouvrage comprend un grand entretien avec l'auteur, mené par Mathias Rambaud, ainsi que des notices sur chacun des livres publiés à ce jour.

Les collaborateurs : Clément Bosqué, Pierre-Alexandre Bouclay, Nathalie de Brézé, Nicolas de Brézé, Jean-Yves Casanova, Astrid Cathala, Bruno Chaouat, Ghislain Chaufour, Jean-Paul Chavent, Emma Childs, Paulina Dalmayer, Mohamed Djihad Soussi, Matthieu Falcone, Paul Gellings, Alan Jackson, Louis Jeanne, Laura Laborie, Camille La Hire, Chantal Lapeyre, Jean-Yves Laurichesse, Kevin Leroux, Rachel Ltaif, Clara Lukowska, Emmanuelle Maffesoli, Michel Marmin, Jérôme Michel, Alexandre Najjar, Ramón Romero Naval, Gilles Pégourier, Frédéric Pichon, Gilbert Pons, Mathias Rambaud, Muriel de Rengervé, Romaric Sangars, Rémi Soulié, Julien Teyssandier, Patrick Vayrette, Hoa Hoï Vuong.

EXTRAIT :
MR : Peter Handke rappelle quelque part l'étymologie de la guerre en vieil allemand : c'est la déliaison. La guerre libanaise fut-elle pour vous une «manifestation de la nécessité », pour parler comme Engels, cité par Breton, soit l'événement objectif envoyé par le monde à la rencontre de votre solitude subjective pour lui donner une forme définitive, irrémédiable – une forme fatale ?
RM : Dans un pays (la France, comme la majeure partie de l'Europe) qui venait de sortir de l'Histoire et où, en 1975, la vie littéraire, les avant-gardes, les revues étaient quasi mortes, la solitude était grande, en effet, pour un jeune gars qui s'efforçait de trouver dans l'écriture une voie pour sortir d'une autre forme, presque autistique, de solitude. La guerre du Liban a été l'événement majeur de ma jeunesse. Il est cependant la continuation de mon enfance libanaise ; son rappel tragique, sa face éclatante à force de noirceur et de moires sanglantes. J'ai voulu dire aussi (qui peut le comprendre ?) le bonheur dans la guerre, et la puissance de cet apprentissage dont je n'ai pas fini de tirer leçon, sur le plan humain comme sur le plan politique. Plus encore : le sentiment d'être placé devant l'irrémédiable, qui constitue la valeur énigmatique de l'événement, est sans doute le cryptogramme que l'écrivain passera sa vie à interpréter.


L'auteur
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