Kobayashi Takiji
Le bateau-usine
Traduit par Evelyne Lesigne-Audoly

Roman Etranger
Editions Yago
lundi 12 octobre 2009

18 € 144 pages

Le livre
Embarqués sur un ancien navire hôpital reconverti en bateau usine, 300 hommes sont envoyés en mer pour pêcher le crabe et le conditionner en conserves. Issus des milieux paysan et ouvrier de l'île de Hokkaido, ces hommes se retrouvent du mauvais côté du développement économique. Soumis au rude climat de la mer d'Okhotsk, confrontés à des conditions de travail effroyables et exploités par un intendant implacable, pêcheurs, ouvriers et marins qui forment l'équipage s'unissent dans la nécessité de se révolter pour survivre.
Si par certains aspects le Bateau-Usine constitue un formidable récit de mer, à mi-chemin entre les Révoltés du Bounty et le Cuirassé Potemkine, c'est avant tout une oeuvre politique, un roman engagé, effrayant et novateur (écrit et publié en 1929). Sur fond d'impérialisme japonais et de rivalités avec l'U.R.S.S., le bateau-usine décrit par Kobayashi symbolise le système capitaliste et son équipage la condition humaine. – Une oeuvre plus que jamais d'actualité en temps de crise, servie par un style écorché qui plonge ses racines dans le réalisme et l'expressionnisme.

Note de l'Éditeur
Les Éditions Yago sont fières de publier pour la première fois en français le roman de Kobayashi Takiji, Kanikosen, dans une traduction inédite d'Evelyne Lesigne-Audoly, à partir du texte original.
L'auteur réussit la prouesse de livrer un roman politique, engagé et énergique, qui échappe aux lourdeurs du dogmatisme et prend son lecteur aux tripes. Ce classique de la littérature japonaise n'a rien perdu de sa force, de sa beauté et de sa pertinence. Régulièrement réédité au Japon, il connaît un succès phénoménal depuis le printemps 2008. À ce jour, il s'en est vendu plus de deux millions d'exemplaires. (Le succès actuel du livre a été souligné dans la presse française ; par ex. Le Monde des livres, le Courrier International, L'Express et Le Nouvel Observateur.) Le livre, déjà porté à l'écran en 1953 par Sô Yamamura dans Les bateaux de l'enfer, vient d'être adapté par Hiroyuki Tanaka (sortie en novembre 2009) et a été l'objet de quatre mangas.



L'auteur
Kobayashi Takiji (1903-1933)
Kobayashi Takiji grandit à Otaru, ville portuaire et industrielle de l'île de Hokkaido. Il étudie à l'École Supérieure de Commerce d'Otaru, l'une des plus prestigieuses écoles du pays à cette époque, puis il travaille à la Banque du Développement de Hokkaido. Pendant ses études il publie plusieurs nouvelles et des poèmes. La découverte des conditions de vie effroyables des paysans et des ouvriers dans l'île de Hokkaido ainsi que la lecture des textes marxistes le rendent sensible au communisme.
En 1928, il acquiert une certaine notoriété littéraire en publiant Le 15 mars 1928, un roman décrivant une journée de violente répression dirigée contre le Parti Communiste. Deux romans publiés en 1929, Le bateau-usine et Le propriétaire absent, font de lui la figure majeure de la littérature prolétarienne japonaise.
Ayant perdu son emploi à cause de ses écrits, il s'installe à Tôkyô en 1930 pour se consacrer à l'écriture et à l'action politique clandestine. Il meurt sous la torture policière, le 20 février 1933. Cette fin tragique, qui suscite une vive émotion au Japon et dans le monde entier, est notamment dénoncée par l'écrivain chinois Lu-Xun et par Romain Rolland en France.
Le Bateau-usine est considéré comme un chef d'oeuvre de la littérature prolétarienne.
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