Claude Cabanes
Eloge de la vulgarité


Essai
Editions du Rocher
vendredi 13 mai 2011

12,90 euros / 138 pages

Le livre
« Descends, si t'es un homme ! ». Il n'est pas descendu. Mais l'apostrophe du Président de la République à un inconnu qui l'agressait verbalement au cours d'une sortie publique, ponctuait et officialisait en quelque sorte une autre descente : la dégringolade générale vers les cloaques de la vulgarité. Oh certes, ce type de mise en demeure sonore est plutôt banal dans la vie ordinaire. Il ne l'est pas, asséné par le Chef suprême de l'Etat : un langage et une posture grossières affectent la plus solennelle des fonctions. Piétinent sa dignité. Comme si une sentinelle, la dernière face à l'obscénité générale, désertait...
Bien sûr, nous n'allons pas jouer les chochottes coincées ni les puritains blêmes. Mais enfin, quand les troupes de la trivialité, de l'impudeur et du cynisme occupent nos écrans, défilent dans les salons les plus huppés, exhibent le spectacle de revenus indécents comme on promeut de la barbaque, corrompent les esprits, pourrissent la langue, notre langue – notre langue chérie – font étalage de l'intimité jusqu'à transformer le « moi » en porcherie, financent l'immondice sur papier glacé ou en « prime time », hissent sur le podium des héros du « people game », nous appelons à un front contre la vulgarité (ah, ce « nous », comme si j'entendais des voix...).


L'auteur
Claude Cabanes est né le 29 avril 1936 dans le Gers. Chef de la rubrique culture, puis rédacteur en chef adjoint de L'Humanité dimanche, il est devenu rédacteur en chef de L'Humanité pendant seize ans quand celle-ci était encore l'organe central du Parti communiste français. Le 11 décembre 1998, il est promu à la direction de la rédaction. En 2006, il devient éditorialiste de ce quotidien, ainsi que chroniqueur de l'émission « On refait le monde » sur RTL. Depuis sa création en 2007, il écrit régulièrement dans le journal Service littéraire et donne également des chroniques sur I. Il se définit lui-même comme communiste et a fait paraître en 2005 son premier roman, Le Siècle dans la peau aux éditions Buchet-Chastel.

La collection

LA COLLECTION ÉLOGE – ÉDITIONS DU ROCHER

C'est une évidence, tout vice a sa vertu. Notamment celle de susciter des commentaires. En fait, tout est dans tout. Le revers de la médaille, le défaut de la cuirasse, l'envers du décor : voilà ce qui compose - ou décompose - admirablement l'âme humaine. Ces défauts, cela va de soi, sont des péchés. Capitaux ou capiteux, ils contreviennent aussi bien aux lois religieuses et à l'éthique philosophique qu'aux volontés divines. Mais ils sont l'apanage de l'homme. Cette collection ne se propose évidemment pas de plébisciter la vulgarité, l'imposture, le nihilisme, la trahison, la sauvagerie, la tricherie, la luxure, l'arrogance, la duplicité, le snobisme, la perversité, la lâcheté, l'infidélité, l'indiscrétion, l'indifférence ou tout autre travers que l'on trouve en si grande abondance dans le panier de la ménagère, lequel est aussi le coeur des hommes. Elle se propose tout simplement de savoir tirer le meilleur du pire ou, mathématiquement, le plus du moins. Sous le voile transparent de l'ironie, c'est chose faite. Avec « Éloge », une certaine morale y trouve son compte. On peut même dire qu'elle est bien servie. Et cela grâce à l'humour, au talent et au style d'écrivains qui, par l'alchimie du paradoxe, ont su dénicher la qualité d'un défaut, le défaut d'une qualité, ou encore le défaut d'un défaut, ce dont nul ne pourra se plaindre François Cérésa

Les premiers titres - parution le 13/05
FRANÇOIS BOTT Éloge du contraire
CLAUDE CABANES Éloge de la vulgarité

A venir
JACQUES ABOUCAYA Éloge de la trahison
SIMONE BERNARD-DUPRÉ Éloge du cynisme
ANNICK GEILLE Éloge de la sauvagerie
JEAN-CLAUDE LAMY Éloge du non
BERNARD MORLINO Éloge du dégoût
ÉRIC NEUHOFF Éloge du snobisme
FRÉDÉRIC ROUX Éloge du mauvais goût
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