Ahmed Dich
Autopsie d'un complexe


Roman
Editions du Rocher
jeudi 1 mars 2007



Le livre
LE LIVRE : Ali est un jeune français bien dans sa peau, car il a compris très tôt qu'il était avant tout un citoyen à part entière. Contrairement à ses parents marocains, pour qui vivre en France était une fin en soi, lui considère ce pays comme le seul point de départ de son existence. Et pour prouver que l'on peut être d'origine arabe sans que cela ne soit un handicap rédhibitoire, il décide d'exaucer le rêve de son père en intégrant l'école de police. Etre du bon côté de la société, tel était le souci chez les immigrés de la première génération ! Mais Ali se rend vite compte que ce métier n'est pas pour lui, surtout qu'il est muté à Roubaix. A ses yeux, cette ville n'a pas d'autre but que de servir de paratonnerre ; mais c'est dans ce commissariat qu'il rencontre aussi Siki, un collègue d'origine sénégalaise qui deviendra son meilleur ami. Ils décideront ensemble de quitter la police pour vivre leur vraie vie. Ils s'envolent pour New-York comme on part en pèlerinage ; ils sont fascinés par cette ville, la Mecque du monde urbain. Ils envisagent même d'y rester, tellement ils s'y sentent bien. Malgré le dépaysement, Ali et Siki ont vite fait de trouver leurs repères, car le monde occidentale adopte des codes et des valeurs identiques. Mais ce bonheur est de courte durée car deux avions tombés du néant vont anéantir bien plus que les deux tours du World Trade Center. Voilà comment ils verront leur rêve assassiné. Ils repartent de New-York avec le sentiment d'être devenus des pestiférés, et plus seulement qu'en Amérique. A leur retour en France, l'un et l'autre verront se réveiller leurs petits complexes endogènes, véritable scoliose mentale. Ils se lanceront dans une véritable quête d'identité, qui mènera chacun d'eux à remonter le cours de sa propre histoire. Et lorsque Siki craque et repart au Sénégal, c'est Ali qui part le rechercher. Ils ne reviendront en France qu'après un dernier détour par New-York, comme pour exorciser les démons qui s'étaient déchaînés depuis la grande bourrasque soufflée par Al Qaeda. “ Le cynisme, c'est se servir de la vérité pour mieux se prémunir de ses inconvénient ”. Ali et Siki ne sont pas des personnages cyniques. Ils veulent seulement être des français normaux, sans qu'on leur rappelle en permanence leurs origines.

NOTE DE L'EDITEUR : « Autopsie d'un complexe », c'est l'histoire de Ali, symbole d'une jeune génération de français qui n'aspirait qu'à vivre à l'occidentale, mais qui s'est retrouvée coincée malgré elle entre deux feux. C'est le roman d'une introspection, qui décortique avec minutie la mécanique de cette désillusion. L'auteur évoque les préoccupations et les tourments des jeunes d'origine musulmanes et africaines, et leur difficulté à trouver leur juste place dans la société actuelle. Ce livre dépeint avec honnêteté et rigueur leur crise d'identité, mais il délivre un message optimiste : cette jeunesse qui a grandi en France ne se laissera pas contaminer par les fanatismes, mais elle ne compte pas non plus continuer à regarder l'histoire s'écrire sans elle
L'auteur
L'AUTEUR : Ahmed Dich a quarante ans. Il a publié trois romans et un récit : Ernest (prix coeur de la France 1997) et Quelqu'un qui vous ressemble chez Anne Carrière ; un guide aveugle et fou et la Note pour les Cannibales (prix Méditerranée des lycéens) au Rocher et chez Pocket.
Ahmed Dich a grandi en Gascogne (qu'il a quitté après le Bac et une expérience de deux ans dans le travail des champs) et vécu au Pays Basque où il a travaillé dans les bars pendants dix saisons. Depuis sa première publication, il n'a plus jamais travaillé, pour se consacrer exclusivement à l'écriture. Comment a-t-il fait pour vivre pendant toutes ces années ? Ahmed détient probablement un record en ce qui concerne le squat. Il s'est fait hébergé par au moins six cents personnes dans la capitale, dans tous les arrondissements de Paris et par toutes sortes de gens ; il a cohabité avec des fumeurs de cailloux mais aussi des médecins, des artistes de pacotilles et de vrais poètes. « Ecrire m'a donné le droit d'être pauvre, surtout parce que je publiais. Lorsque j'ai commencé à écrire, je n'imaginais pas que mes origines seraient prises en compte à ce point. Les éditeurs recherchent des personnages, mais je n'allais quand même pas mettre une djellaba et danser les claquettes en babouches devant le café Flore, simplement pour correspondre à un stéréotype. L'écriture doit permettre de transcender les différences et non les soulignées systématiquement. Un personnage arabe ou africain doit pouvoir être autre chose qu'un banlieusard ou une racaille. Tel a été mon principal souci avec ce métier, mais ces épreuves m'ont laissé le temps de me construire en tant qu'écrivain. Voilà pourquoi je n'ai pas d'autre métier. »
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