Alizé Meurisse
Ataraxia


Roman
Editions Léo Scheer
mercredi 4 janvier 2017

204 pages - 17 €

Le livre
Les sociétés modernes contiennent les germes de leur propre dérive : procréation médicalement assistée, clonage, intelligence artificielle, surpopulation, guerres... Alizé Meurisse envisage ici, avec une neutralité apparente, ce destin pour l'Humanité : un monde « ataraxique », dans lequel l'harmonie résulte de l'absence d'émotion, la paix de l'âme étant garante de la paix sociale. Des êtres robotiques remplacent peu à peu les hommes, dont les derniers survivants, les « naturels », sont relégués dans l'underground. En vertu du « plan NéoNatal », les couples, sans distinction de genre, sont formés selon un ordre aléatoire, et se voient confier des enfants fabriqués dans des « labonurseries ». Les écrans peuplent la vie des habitants, avec les mêmes images, du même film, Casablanca, projetées à l'infini. Face à cette stérilisation des âmes et des corps, programmée pour le bien de tous, des factions rebelles émergent des bas-fonds. Des hommes et des femmes, les Violators et les Exciters, cherchent à maintenir ce qu'il reste d'originel en eux, et à imposer aux êtres génétiquement modifiés, par la violence s'il le faut, l'expérience charnelle de l'amour et de l'art. Est-ce « souiller » son humanité que de violenter l'autre ?

EXTRAIT : « Une femme coule irrévocablement vers les profondeurs d'une station de métro. Elle se tient immobile sur la langue métallique de l'escalator. Le tapis de marches est ravalé par le sol de marbre, et le clic-clac métronomique de ses talons résonne sous les voûtes. Elle progresse dans un couloir interminable. Interminable aussi, la solitude de ses pas dont l'écho rebondit contre toutes les parois, en un kaléidoscope de claquements. (...) Sur les postes de vidéosurveillance, la station affiche ses trouées sous tous les angles. Le mur d'écrans révèle l'indécence cubiste d'un paysage souterrain à la peau de marbre pâle, veinée, et parée de lustres cristallins. La femme est visible dans plusieurs cases, simultanément. Un homme lui emboîte le pas. Il porte un blouson sans manches dont le dos est brodé d'un nom de gang : “VIOLATORS”. »


L'auteur
Alizé Meurisse est née en 1986. Plasticienne, elle est représentée par la galerie Nuke, et expose régulièrement ses dessins, tableaux et collages. Elle est également l'auteur de trois romans publiés aux Éditions Allia : Pâle Sang Bleu (2007), Roman à Clefs (2010) et Neverdays (2013).
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